Technique #3 : Le profil de l’ecran

Cet article constitue la dernière partie d’une série de trois articles qui abordent de façon simple, les principales notions à connaitre afin que votre image soit bien pris en charge par l’atelier d’impression fine-art « Tirage-Art ». Bien entendu, ce sont des jalons, des paramètres parfois faciles à mettre en place mais nous sommes aussi là pour contrôler en permanence vos images et faire que ces dernières sortent parfaitement bien. C’est finalement un travail d’équipe. Les deux premiers articles concernent le « profil incorporé » de votre fichier et « l’espace de travail » de votre logiciel. Nous allons terminer ce cycle en vous parlant du « profil écran », c’est à dire de votre matériel.

1 – la définition du « Profil écran »

L’écran est aussi appelé le moniteur. Le profil du moniteur va donc caractérisé la qualité de votre matériel à l’aide de plusieurs valeurs étalonnées que sont le contraste, la luminosité et la température de couleur . Cela va ensuite permettre une mesure précise de variables colorimétriques, celles qui sont ensuite traduites sous la forme d’un profil ICC, petit fichier dont l’extension spécifique est .icm (« image color matching » pour « correspondance des couleurs de l’image »). Plus précisément, il fait le lien entre le modèle RVB utilisé avec votre appareil photo et votre logiciel et un modèle plus général le modèle CIELAB (L*a*b*) adopté il y a une trentaine d’années car beaucoup plus proche du modèle complexe humain.

2 – Les limites de la calibration

Je ne vais pas vous mentir, c’est toujours mieux d’étalonner un écran. cela vous permet de voir correctement votre image aussi bien au niveau des couleurs que de la luminosité et des contrastes. Mais il faut dans un premier temps savoir que cette science n’est pas tout à fait exacte car elle dépend de très nombreuses variables matérielles (sonde, moniteur …), environnementales (l’endroit ou se trouve votre bureau …), et surtout humaines. Et oui, outre les manipulations que nous sommes amenés à faire, nous ne sommes pas égaux face à la perception des couleurs, de la lumière et des contrastes. C’est pourquoi, malgré tous nos efforts et à moins d’avoir un équipement hors-norme, nous ne pouvons que tendre vers l’excellence et flirter avec la perfection. D’autre part, il est à noter que certains écrans sont plus difficiles à calibrer que d’autres, c’est le cas des écrans d’ordinateurs portables en raison d’une technologie un peu légère et des écrans « Apple » en raison de leur brillance et de leur reflet. Mais depuis 3/4 ans, les progrès de ces précédents écrans liés au progrès des sondes de calibration ont fait évoluer les choses dans le bon sens.

3 – La démarche qualité

Si votre démarche est de supprimer le plus possible de variables, c’est que vous êtes finalement un peu dans une démarche de qualité.  Il va donc falloir dans un premier temps faire confiance à une première variable toute relative, la sonde de mesure afin de réduite l’écart (s’il y en a un) entre ce que vous voyez et ce qui est entre guillemet « réel ». La plupart des sondes sont maintenant parfaitement au point et fiables. Elles sont d’autres part fournis en général avec un logiciel. Ce logiciel présente toujours deux types d’ergonomie, une assez simple et rapide à mettre en œuvre et une plus complexe qui fait appel à l’expérience. A moins d’être un expert, ne cherchez pas à vous compliquer la vie. suivez les conseils du fabricant via le logiciel qui vous guidera parfaitement par rapport à l’écran que vous avez. 3/4 valeurs paramètrables sont en général à définir. Ces valeurs vous permettront d’effectuer les mesures colorimétriques par la suite et donc d’avoir un profil ICC digne de ce nom :

la températures de couleurs,
comprise entre 5500 et 6500 °K,
idéalement 6000 °K
la courbe de reproduction tonale des valeurs moyennes,
celle préconisé par votre sonde,
souvent perceptuelle car plus linéaire donc
moins sujette à variation
la luminance du blanc : entre 80 et 110 lux ou Cd/m²
en fonction de votre environnement et pour l'impression, 
Idéalement 100 lux
La luminance du noir (contraste) au minimum neutre requis
4 – La solution de secours

En l’absence de sonde, dans l’urgence ou si cette solution suffit pour obtenir de bons résultats sans effacer le doute qui persiste quoiqu’il arrive, vous pouvez toujours calibrer votre écran à l’aide des outils mis à disposition par votre système d’exploitation « Windows ». La démarche est simple mais restrictive car elle utilise un espace colorimétrique conventionnel (sRVB) qui n’est pas adapté aux écrans haut de gamme possédant un « gamut » plus étendus et qui sont choisis dans la plupart des cas, pour cette raison. Pour calibrer tout de même votre écran de cette façon sous « Windows 8 » : il vous suffit d’aller dans le « Panneau de configuration » et de faire une recherche par  mots clés : « calibration écran ».  Poursuivez ensuite l’aventure en choisissant l’option « étalonnage des couleurs de l’écran », il ne vous reste qu’à suivre les instructions qui s’affichent alors sur fond gris.

5 – Le profil ICC

Après calibration à l’aide de la sonde (X-rite, Datacolor) et validation, un Profil ICC (devrais-je dire ICM ?) est automatiquement créé. Il a pour extension .icm (voir signification plus haut). Par défaut, il porte souvent le type d’écran dans la marque que vous utilisez. Vous pouvez le renommer et le dater afin éventuellement de le retrouver plus facilement. Vous pouvez obtenir un rapport de calibration dans le modèle étendu L*a*b* et vous apercevoir de la qualité de la calibration effectuée (voir fichier exemple). Vous pouvez, en général contrôler régulièrement ce profil (comme tous les profils). De cette façon, vous êtes plus à même de suivre l’évolution de cette dernière calibration et d’en effectuer une nouvelle uniquement lorsque cela est nécessaire. Le profil ICC généré devenu actif se met enfin automatiquement dans le système d’exploitation (OS) à l’emplacement dédié. il est possible de le retrouver à l’aide du chemin d’accès suivant : windows – système 32 – Spool – Drivers – Colors.

Capture1

6 – Ce qu’il ne faut pas faire

Une fois que votre « profil écran » est créé, ce n’est pas la peine d’aller le chercher dans votre système d’exploitation pour l’intégrer à votre image ou à votre logiciel, vous ne ferez finalement que briser la chaine d’acquisition de votre image au détriment d’un profil qui porte, bien sur, des informations importantes sur un matériel précis mais aussi les « défauts » de ce matériel. Chaque « secteur » est indépendant et c’est le mariage parfait des uns et des autres qui permet d’obtenir le meilleur des résultats. le « profil incorporé RVB » de l’image porte ainsi l’information colorimétrique de cette image, « l’espace de travail RVB » du logiciel offre la possibilité de voir correctement cette image dans un univers équivalent ou plus large et le « profil écran » dissimulé derrière les deux éléments précédents permet une meilleure acquisition des informations de l’image traitée à l’aide du logiciel en créant un lien entre le modèle RVB et le modèle L*a*b*. Chaque chose à sa place.

7 – Les écrans pour la conception graphique

Faire une liste du meilleur matériel à acquérir pour traiter des images ou faire de la création numérique serait fastidieux d’autant que le matériel « idéal » serait alors très onéreux et peut-être pas du tout adapté à votre usage personnel. mais d’une façon très général, le moniteur doit être suffisamment grand (24″), doit posséder plutôt une dalle mat IPS, une gamme de couleurs plutôt étendue (adobeRVB) et un équilibre agréable dans les dégradés (les LUT). je ne vais pas entrer plus dans les détails.  Bref, un moniteur de cette qualité est un investissement mais inutile de se ruiner. Pour un budget compris entre 600 € et 800 € (c’est déjà pas mal), vous pouvez trouver votre bonheur (Eizo, Dell).

C’est la fin de cette première série d’articles techniques voulus très simples pour les besoins d’une utilisation normale. J’espère qu’ils vous auront aidé à voir plus clair dans la jungle de la chaine graphique et je m’excuse par avance pour les maladresses de langage qui sont peut-être apparues à l’écriture de ces trois articles. A très bientôt.

Michel LECOCQ


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